LE MYTHE DE LA CAVERNE... une légende

La source et la grotte de Clamouse doivent leur nom au terme languedocien “clamousa" (clameuse ou hurleuse), en raison du bruit de l’eau de la rivière souterraine lors des crues.

Une légende rapporte aussi qu’un jeune berger du Causse avait pris pour habitude de faire parvenir à sa pauvre mère une brebis de son troupeau en précipitant celle-ci dans un abîme du Causse d’où l’eau souterraine la transportait jusqu’à la résurgence en contrebas. Un jour, c’est le corps de son fils que la mère y trouva… Folle de douleur, elle aurait erré longtemps aux abords de la grotte en poussant des clameurs désespérées.

Ce type de légende est, à quelques variations près, très fréquent dans toutes les régions calcaires où existent des circulations d’eaux souterraines.

Ceci confirme que les habitants de ces régions ont eu très tôt conscience de la relation directe existant entre les résurgences des vallées et les gouffres et points d’infiltration des eaux sur les plateaux et montagnes environnants.

Cristallisations

Plusieurs types de cristallisations se trouvent dans les grottes. Elles existent en grande abondance et variété dans la grotte de Clamouse.

Notre architecte est une goutte d’eau.

  • Les fistuleuses : Elles sont alimentées par un canal central et gardent de ce fait un diamètre constant, un peu inférieur au centimètre. C’est le premier stade de la stalactite.

  • Les stalactites : Elles descendent du plafond : elles sont alimentées en eau par un fin canal central, et souvent par l’extérieur de sorte qu’elles grossissent à mesure qu’elles s’allongent.

  • Les stalagmites : Elles croissent à partir du sol. Tombant de la stalactite ou du plafond, l’eau arrive sur la stalagmite, où elle s’écrase, la calcite se dépose en couches successives (les lamines) qui enregistrent le temps (1 lamine/an).

  • Les colonnes : Les colonnes ou piliers résultent de la jonction stalactite/stalagmite.

  •  Les planchers stalagmitiques : Ils se forment à partir d’une mince pellicule d’eau qui s’écoule lentement sur les surfaces, formant une nappe qui en s’évaporant dépose des lamines de calcite.

LA GROTTE DE CLAMOUSE

A 5 km à peine de St Jean de Fos, LA GROTTE DE CLAMOUSE, site classé par le Ministère de l’écologie, est un lieu incontournable du tourisme en Languedoc-Roussillon, au cœur des gorges de l'Hérault. Une diversité de paysages souterrains quasi unique en Europe !Internationalement connue pour la richesse de ses concrétions (notamment les très rares cristaux d'aragonite et excentriques), la Clamouse constitue un voyage féérique hors du temps ...

Histoire

La grotte de Clamouse a été découverte le 5 août 1945 par une équipe du Spéléo-Club de Montpellier soit Maurice Durand de Girard, Bernard Félix, Gabriel Vila, Gérard Froment, Henri Bellot, Henri Guédot, sous la conduite de Maurice Laurès, après franchissement d’un siphon habituellement inondé, à la faveur d’une sécheresse historique.
A la lueur de leurs lampes acétylène, c’est un trésor insoupçonné et unique qu’ils découvrirent.

En 1964
La longueur totale du réseau est d’environ 6 km dont près d’un km aménagé pour le public en 1964. Ces aménagements ont été possibles grâce, notamment, à Georges Garby décédé en octobre 2014.
​Le 27 septembre 2014, lors des célébrations du cinquantième anniversaire de l’ouverture au public, le tunnel de sortie, réalisé suite à ses relevés topographiques, a été baptisé “tunnel Georges Garby". Une plaque commémorative lui a été dédiée ainsi qu’une autre à la mémoire de Monsieur Raymond Laborie, décédé accidentellement le 14 février 1964 durant le creusement de ce même tunnel.​

En 1994

Le bâtiment d’accueil, réalisé sous la conduite de l’architecte Claude Parent, est achevé.

En 1999

Le 30 novembre 1999, Michel Siffre, 60 ans, vétéran de la spéléologie française et scientifique, s’est installé hors du temps, dans la grotte de Clamouse. C’est ainsi qu’il a basculé à tâtons dans l’an 2000. Au bout du boyau de la grotte de Clamouse, le sexagénaire a donc pu poursuivre ses expériences et subir une panoplie très complète de tests, avec le recul de l’âge et l’aide des toutes dernières technologies.

Tous les indicateurs de sa santé ont été suivis en direct depuis la surface grâce au système informatique mis au point par Thomson (dont on a ôté toute indication de temps). Il a pu étudier l’influence du vieillissement sur les réactions de l’organisme sans repère de temps. Il est sorti de la grotte de Clamouse le 14 février 2000. Le but de cette expérience était d’étudier l’influence du vieillissement sur les modifications des rythmes circadiens (alternance veille/sommeil).

En 2002

Introduction à la visite de la grotte : création d’un film didactique. Création d’un spectacle au milieu de la visite de la grotte intitulé “cathédrale du temps" : accompagné d’un son et lumière, le réalisateur Christophe Guyard conte à sa façon la merveilleuse histoire de la goutte d’eau et du temps.​

Géologie

Les trois systèmes de galeries superposées de Clamouse s’expliquent aisément par l’histoire géologique de la région.

Il y a environ 5,5 millions d’années, l’Hérault s’est enfoncé dans son lit à cause de l’abaissement du niveau de la mer Méditerranée.

On distingue :

  • Un niveau supérieur, fossile, à vastes salles abondamment riches en formations. Ces parties hautes de la grotte, commençant au niveau du Couloir Blanc, sont aussi les plus anciennes et donc les plus riches en concrétions.

  • Un niveau intermédiaire, comprenant la zone située entre la Salle du Sable et la Salle à Manger.

  • Un niveau inférieur, le Labyrinthe, qui s’ennoie en période de crue. De ce fait, la roche dolomitique y est corrodée et a un aspect de dentelle.

La grotte de Clamouse est une grotte vivante toujours en cours de creusement par la rivière souterraine alimentée par les infiltrations d’eau de pluie et de neige sur la chaîne de la Seranne et la partie sud du Causse du Larzac. Commencé il y a près de 5 millions d’années, le réseau de galeries de la Clamouse est toujours en expansion !

Le concrétionnement est également toujours en activité à Clamouse.